Echos de Presse

Reflet des centres énergétiques du temps 
Frankfurter Allgemeine Zeitung (Allemagne) 

Composé en 1924 par Igor Stravinski, ce concerto pour piano, orchestre d’instruments à vent, contrebasses et timbales que l’on n’entend hélas que trop rarement formait le cœur de la soirée. On y dénote de nettes réminiscences de la musique du début du XVIIIe siècle, notamment dans le premier mouvement qui rappelle par sa structure une ouverture française, ou encore la partition du piano, dont l’interprétation au rythme difficile, délibérément aride et dépourvue de toute émotion, fait penser à un clavecin.  Seul l’orchestre a le droit de laisser transparaître, de manière sporadique, une certaine expressivité, du moins dans les mouvements clés d’ouverture ou de clôture. 
Le soliste Vladimir Stoupel a fourni une exécution d’une force créatrice exemplaire et, élément indispensable dans ce morceau, avec une extrême précision rythmique.

Une éruption sonore au pouvoir libérateur
Pour clore la saison, l’orchestre philharmonique joue Liszt et Chostakovitch.
Mittelbayerische Zeitung (Allemagne)

.... Liszt est encore une fois au programme de la soirée. Soliste du deuxième concerto pour piano, Vladimir Stoupel peut se vanter d’un succès bien mérité. Le pianiste et l’orchestre ont présenté les variations de thèmes de Liszt tels des métamorphoses de caractère, montrant, dès les premières mesures, tout le potentiel recelé par la musique dans ces débuts insignifiants. Vladimir Stoupel ne se contente pas d’ajouter en filigrane de simples arabesques aux accords tendres et lyriques des instruments à vent en bois. Il donne aux sons des accents qui préfigurent déjà aux développements ardus de sa partie de piano athlétique, dans laquelle les passages d’octaves et d’accords sont plus tard ciselés et travaillés avec précision et netteté. Mais Vladimir Stoupel peut également jouer d’une manière tout à fait détendue : dans le leggiero légèrement scandé, dans les passages invitant à la rêverie dans lesquels l’orchestre passe presque inaperçu, ou encore lorsqu’il enrobe la cantilène du violoncelle soliste de son jeu doux et perlé.

Un final aux allures hymniques
Märkische Oderzeitung (Allemagne)

Le concerto pour piano en mi mineur op. 11, auquel les musiciens, pour l’exposition de l’orchestre, ont conféré une fougue toute imprégnée de Beethoven, semblait prédestiné pour rendre hommage à Chopin. La prestation puissante du soliste Vladimir Stoupel, soulignant chaque son d’une emphase remarquable, a fait grande impression. Jouant avec légèreté sans pour autant prendre son rôle à la légère, il s’est avéré être un véritable avocat de Chopin, penseur et presque soucieux, qui n’était pas reste avec le virtuose et son œuvre dans les passages foisonnant de trilles. Il s’est hasardé en rêvant dans les sphères lyriques, a suscité le pathos avec bravoure sur son clavier - bref : son toucher nuancé allant de doux à vigoureux et son indomptable volonté créatrice nous l’ont montré comme un véritable peintre d’ambiances, affichant des contours nets, aimant les contrastes. C’est avec une beauté fascinante et éclatante qu’il a chanté le larghetto, comme un nocturne rayonnant d’une lumière intérieure. Pluie d’applaudissements et bis de Schubert.

Zénith musical
Vladimir Stoupel donne le concerto de Tchaïkovski à Kassel (Allemagne)
Hessische Allgemeine (Allemagne)

Les grands tubes de musique classique ont une certaine tendance à la normalisation. Ce que tout le monde connaît doit toujours être interprété de la même façon. Pourtant, ces morceaux interprétés de manière plus personnelle offrent bien souvent une touche des plus saisissantes.
L’interprétation par Vladimir Stoupel (âgé de 47 ans) du célèbre concerto en si bémol de Tchaïkovski nous a dévoilé des sons à l’harmonie unique et singulière. Le pianiste russe de nationalité française vivant à Berlin a joui de toutes les libertés durant son ascension vers ce zénith musical d’une quarantaine de minutes, s’est attardé, a respiré l’atmosphère des hauteurs pour finalement accélérer le pas et prendre d’assaut le sommet à un rythme impétueux.
Stoupel a projeté dans un élan fougueux les virevoltes d’accords du début puis a accordé un tempo plus ralenti dans les passages lyriques, pour finalement laisser défiler en grand calme les différents épisodes en frôlant parfois l'immobilité, mais sans pour autant perdre la diligence de son jeu.
Dans ce premier mouvement, Stoupel n’a pas cherché à briller en virtuose. On a cependant pu observer avec quelle sensibilité hors du commun il a distingué d’un point de vue sonore les différents registres rythmiques du mouvement pianistique.
Le deuxième mouvement a débuté avec une lenteur extrême. Stoupel a révélé des champs sonores inédits et consciemment laissés pour compte par un grand nombre de pianistes pour mettre en avant des contrastes au moment des passages prestissimo.
Ce n’est que vers la fin que Stoupel s’est envolé pour révéler son éminente virtuosité : les dernières cascades d’octaves, solides et incisives, ont véritablement triomphé. Le soliste a remercié le public de cette salle comble et ses applaudissements retentissants en lui offrant le "Chant d’automne" de Tchaïkovski extrait des « Saisons » op. 37 qu’il a joué d’une façon délicieusement méditative aux couleurs pianissimo proches de la magie.

Voyage dans le monde onirique du piano
Imposante soirée piano en compagnie de Vladimir Stoupel lors des journées de la musique de Kassel (Kasseler Musiktagen) en Allemagne.
Hessische Allgemeine

Le concert donné par le pianiste russe Vladimir Stoupel a placé la barre si haut qu’elle sera sans doute difficile à atteindre par les collèges qui lui succéderont. Indéniablement virtuose issu de l’école russe de piano, mais sans effervescence factice. Cette symbiose se reflète dans le jeu de Stoupel, ce pianiste est en effet connu pour ses programmes bien équilibrés. Le pianiste a choisi d’encadrer deux œuvres de Félix Mendelssohn qui, comme chacun sait, est issu d’une famille juive, par deux autres compositeurs juifs du XXème siècle. Puis il a présenté lors de la première représentation cinq morceaux plus courts, provenant des Saisons d’Olga Rayeva, la jeune compositrice russe présente au concert. Stoupel a également joué la troisième sonate de Karol Rathaus ainsi que la troisième suite pour la main gauche d'Erwin Schulhoff, deux créations d’une grande complexité. Au début comme à la fin du concert, il s’est dédié à Mendelssohn dont l’œuvre pianistique se situe toujours un peu à l’ombre de ses symphonies, de ses oratorios ou de ses œuvres de musique de chambre. Le pianiste avait choisi la Fantaisie en fa dièse mineur op. 28 ainsi que les « Variations sérieuses », deux créations d’une grande virtuosité. Il est très intéressant d’observer les divergences dans sa façon d’aborder ces deux œuvres : d’une part une fantaisie pleine d’entrain rappelant Liszt, puis des variations plus apaisées, voire transparentes. Ça et là, on a vu Stoupel véritablement plonger dans la musique, s’investir entièrement, la respirer puis reprendre haleine, ne retrouvant que progressivement un léger sourire, abandonné à l’immersion telle un rêve évoquée par son jeu. Une remarquable soirée.

Westfälische Allgemeine Zeitung (Allemagne)

Le «Tristan» de Henze est un gigantesque concerto pour piano qui, faisant intervenir des bandes magnétiques et un orchestre imposant, a des accents qui rappellent Brahms et Chopin. Au piano, nous avons un véritable séismographe en la personne de formidable Vladimir Stoupel.

Lancaster Sunday News, Lancaster, PA (États-Unis)

... M. Stoupel est l'un des artistes dont la prestation a le plus d'assurance qui ait honoré de sa présence la scène du Fulton ces dernières années. L'aisance avec laquelle il a exécuté les passages difficiles, ainsi que la liaison entre les lignes générées par son actionnement expert de la pédale forte, ont produit une performance virtuose ... Même pendant les passages retentissants et agressifs, il ne perdait rien d'un lyrisme de tous les instants. Sous les mains de Stoupel, la toile des motifs de Brahms se transformait en une déclaration d'idées philosophiques, nobles et profondes, vibrantes de sincérité.
(A propos du concerto pour piano n° 2 de Brahms, avec Lancaster Symphony Orchestra sous la direction de Stephen Gunzenhauser)

Intelligencer Journal, Lancaster, PA (États-Unis)

... Un homme d'une carrure mince, aux mains étonnamment petites pour un pianiste, Stoupel dévorait le piano en exécutant une performance masculine, d'une charge puissante, du très difficile concerto n° 2 pour piano en si bémol majeur de Brahms.

Manchots de la guerre mondiale
Stoupel et Ingolfsson au Théâtre International de Francfort

Frankfurter Allgemeine Zeitung (Allemagne)

Un concert donné au Théâtre International de Francfort a été l’occasion de découvrir une suite pour piano de Schulhoff, extrêmement ambitieuse et exigeante, composée pour la main gauche. On en doit l’interprétation au pianiste Vladimir Stoupel, qui a exécuté les cinq mouvements avec une fine différenciation stylistique allant des valeurs impressionnistes aux mouvements percussifs, avec toccatas et dissonances, véritable  feu d’artifice expressionniste. L’exécution par la violoniste Judith Ingolfsson de la sonate n°2 en la mineur Opus 27 d’Eugène Ysaÿe en a fait ressortir les caractères très différents avec une grande exactitude. Par leur interprétation de la sonate pour violons et piano op. 134 de Chostakovitch, Stoupel et Ingolfsson se sont avérés former un excellent duo. Ils ont pleinement mis en valeur le caractère radical et moderne de cette œuvre tardive, dont ils ont su souligner les contrastes.

Dialogues de compositeurs 
Festival de musique du Schleswig Holstein (SHMF) : un concert à la fois plaisant et édifiant
Hamburger Abendblatt (Allemagne)

Dès les premières mesures du Nocturne pour piano "Meine Freuden" de Chopin en transcription de Liszt, Vladimir Stoupel, pianiste russe ayant élu Berlin pour domicile, a fait montre d’une extraordinaire maîtrise de l’attaque et d’une relation intime avec la composition.
Jouant la ballade de Simon Laks Hommage à Chopin, il a réussi à montrer comment Laks appréhenda la musique de Chopin. Intense dans l’introduction, puis de plus en plus dramatique. Utilisant un rythme suggestif, il a fait une interprétation séduisante de la Valse minute de Chopin. Dans La Valse de Ravel, il a fait ressortir les interruptions marquantes de manière éruptive, laissant percevoir le désespoir et la mise au repos forcée des souvenirs de Ravel de la Première Guerre mondiale.
La deuxième partie du concert a été tout à l’honneur de Judith Ingolfsson, accompagnée au piano de Vladimir Stoupel dans tout son génie. Cette violoniste originaire d’Islande a poursuivi avec le Nocturne en ut dièse mineur (posthume) de Chopin, avec un son précisément ciselé tout en restant mélodieux. Elle a redonné vie à la version perdue des Trois pièces de concert pour violoncelle et piano de Laks en présentant une adaptation pour violon et piano. Son jeu a été intense et authentique, à la mesure de l’œuvre. Elle a interprété le premier mouvement d’une manière dansante, pleine de fantaisie et d’humour raffiné. Avec Romance, elle a séduit le public par son jeu cristallin et une mélodie à la fois belle et triste, laissant une large place, dans le dernier mouvement, aux accents comiques.
Interprétant la Sonate pour violon et piano de Ravel, le duo a fait preuve d’une fusion extraordinaire. Judith Ingolfsson a dégagé en particulier le caractère résigné et quelque peu lapidaire du blues. L’aspect « balladesque » et révolté de la composition a été si bien interprété qu’on aurait cru entendre chanter la fiancée du pirate de Kurt Weill. 
Je n’avais encore jamais vu les spectateurs applaudir entre les différents mouvements pendant un concert du festival SHMF. Voilà qui est chose faite. Avec le concert donné par Judith Ingolfsson et Vladimir Stoupel à Norderstedt. Le premier mouvement des Trois pièces de concert de Simon Laks retentissait encore dans la salle que certains auditeurs, enthousiastes, n’ont pu retenir leurs applaudissements. Et à juste titre. Car ce duo a tout simplement joué d’une manière fantastique.

Maurice Ravel à l’honneur dans l’église du village
Donnerstagskonzert – concert du jeudi – avec Judith Ingolfsson et Vladimir Stoupel
Jungfrau Zeitung (Suisse)

Unis aussi bien dans la musique que dans la vie, la violoniste Judith Ingolfsson et le pianiste Vladimir Stoupel ont ouvert cette année de leur jeu virtuose la série estivale des cinq « Donnerstagskonzerte », les concerts du jeudi. 
Au cœur de leur programme : la Valse, adaptée pour piano, et la Sonate pour violon et piano de Maurice Ravel. Réunis en grand nombre à la plus grande joie de tous, les auditeurs ont récompensé les prestations de haut niveau de leurs applaudissements chaleureux, obtenant ainsi en supplément un nocturne de Frédéric Chopin adapté pour violon et piano par le violoniste Nathan Milstein. Le duo a commencé par les Trois pièces de concert, du compositeur polonais Simon Laks (1901-1983). Ses Trois pièces de concert (1935), qui rendent hommage au style néoclassique, présentent une alternance raffinée entre cantilène, interruptions dynamiques et passages virtuoses.
La Valse, jouée en milieu de concert, en a représenté la pièce centrale. Alliant perfection sur le plan technique et dynamisme frôlant la limite du supportable, Vladimir Stoupel a exploré le caléidoscope sonore, proposant une biographie de la valse tout d’abord surgie du néant, puis élevée à son paroxysme pour finalement s’anéantir à nouveau. Une interprétation à la fois saisissante et exténuante !
La grande sonate pour violon en do majeur (première représentation en 1927 à Paris) a apporté pour ainsi dire le calme après la tempête. Le deuxième mouvement interprété dans le style du blues en hommage au jazz américain importé des États-Unis en Europe fut bien évidemment l’apogée du concert. L’inouï perpetuum mobile a finalement fait place aux chants nocturnes de Chopin, tenant lieu de conclusion à cette soirée très appréciée.

LEÇON DE MUSIQUE RUSSE PAR JUDITH INGOLFSSON ET VLADIMIR STOUPEL
resmusica.com

Il est des cas où l' « arrangement » (et tout ce qui y est assimilé de près ou de loin) devient une œuvre d'art à part entière –en matière pianistique, Liszt a transcrit et/ou adapté un certain nombre de pièces majeures tandis que Busoni a réalisé de véritables bijoux à partir de pages célèbres du Kantor de Leipzig. Lorsqu'un compositeur est, pour une raison ou une autre, amené à réécrire lui-même une partition sur base de sa propre musique, des « miracles » se produisent parfois. Ainsi, le célèbre Divertimento pour violon et piano de Stravinsky est-il tiré du ballet en quatre scènes Le Baiser de la fée (1928) dans lequel l'auteur du Sacre du printemps rendait hommage à Tchaïkovski en lui empruntant quelques thèmes de jeunesse. L'« adaptation » chambriste, réalisée avec la collaboration de Samuel Dushkin en 1932, n'est pas une simple réduction de l'original –loin s'en faut- mais une œuvre autonome, perle du répertoire violonistique de la première moitié du XXe siècle.

Judith Ingolfsson nous en livre une version admirable et puissante. Si, en entendant son jeu d'archet, on pense à l'école franco-belge de violon, on n'est effectivement pas étonné d'apprendre que, comme Hilary Hahn après elle, la musicienne a suivi les cours de Josef Brodsky (lui-même dernier élève d'Eugène Ysaÿe) au Curtis Institute de Philadelphie. Ceci explique cela. Outre l'époustouflante virtuosité dont elle fait preuve, Ingolfsson explore le monde expressif de Stravinsky avec une intelligence remarquable et parvient à passer en une fraction de seconde de l'humour sardonique au lyrisme le plus intense. La prestation est d'autant plus extraordinaire qu'elle se fait en parfaite complicité et équilibre avec le clavier de Vladimir Stoupel qui participe à la réussite totale de cette version.

Stravinsky cédant la place à Chostakovitch, c'est la (longue) Sonate op.134 qui accompagne le Divertimento, nous expédiant dans un univers tout à fait différent. Créée par David Oïstrakh et le compositeur lui-même, la présente interprétation vole également très haut. Dramatiquement très intense (jusqu'à nous emmener dans des atmosphères glaçantes), le caractère dramatique et tragique est idéalement rendu par le duo, toujours infaillible de virtuosité (l'Allegretto central). Certes, on sort musicalement « assommé » de ce récital. Mais c'est pour la bonne cause !

Stravinsky/ Divertimento et Chostakovitch/ Sonate pour Violon et Piano
Das Orchester (Allemagne) 

Deux grands compositeurs russes de l’époque « moderne classique » se trouvent réunis sur un même CD, avec deux œuvres de musique de chambre antithétiques : d’une part le divertissement d’Igor Stravinski, plein d’allégresse, d’autre part la sonate pour violon de Dmitri Chostakovitch, aux accents arides, issu de sa dernière phase de création.
L’œuvre de Stravinski semble couler dans le sang de Judith Ingolfsson et Vladimir Stoupel, les deux artistes renommés qui l’exécutent avec autant de brio que de facilité. Tous deux accordent une grande importance aux passages lyriques et mélodiques, mettent en lumière les aspects spécifiquement stravinskiens et parviennent à en faire ressortir leur rythme tout de finesse, qu’ils exécutent à la perfection par la précision de l’attaque, la netteté et la chaleur du coup d’archet. Par ailleurs, ils jouent cette musique, reflet d'émotions authentiques, en un parfait jeu d’ensemble : Stravinski et son univers onirique de contes de fées.
Des attributs qui se manifestent aussi nettement dans le second morceau. Aux antipodes du rêve, l’œuvre en trois mouvements est caractéristique du compositeur résigné et marqué par la vie. On ressent la colère irrépressible, qui meurtrit profondément la chair. Elle était déjà perceptible dans le duo Oïstrakh/Richter, ses interprètes de 1969, longtemps considérés comme modèles. Cette nouvelle interprétation n’en donne pourtant pas moins le frisson, Ingolfsson/Stoupel jouant les mouvements avec tout autant d’intensité et de tension, quoique plus lentement, en insistant avec une extrême délicatesse, et presque jusqu’à la déchirure, sur les sensations d’impuissance. Ainsi, malgré les transports de colère, bien des choses nous apparaissent plus conciliantes, plus fragiles, mais aussi instillées d’un soupçon de pardon. 

Stravinsky/ Divertimento et Chostakovitch/ Sonate pour Violon et Piano
Platte11 (Allemagne) 

Un programme pourrait difficilement réunir des œuvres plus antagonistes que le divertissement d'Igor Stravinsky et la sonate pour violon de Dmitri Chostakovitch. Un seul point commun rapproche les deux compositeurs quant au fond : tous deux sont d'origine russe. Citoyen du monde basé à Paris, Stravinsky arrangeait, en 1932, une suite pour orchestre, inspirée du ballet Le baiser de la fée, qui s'inscrivait plus dans la veine d'un Tchaïkovski que d'un Stravinsky. On pourrait imaginer une interprétation malicieuse, jouée avec esprit et aspérités, où inversement Stravinsky l'emporte sur Tchaïkovski. Or Judith Ingolfsson et Vladimir Stoupel ne se prêtent pas à ce genre d'effets de distanciation. Ils se délectent sans ambages de cantilènes romantiques et leur duo parfaitement rodé émerveille le public. Ils donnent ensemble des concerts depuis longtemps, et cela s'entend. Le programme contraste crûment en enchaînant sur la sonate pour violon et piano en sol majeur op. 134, cadeau de Dmitri Chostakovitch à David Oïstrakh pour son 60e anniversaire. Judith Ingolfsson et Vladimir Stoupel se montrent capables d'une immense métamorphose. Si le divertissement, d'une courtoisie surprenante, rappelait la musique de salon, leur exécution de la sonate de Chostakovitch est bien plus « crue » que celle de David Oïstrakh et Sviatoslav Richter ; non seulement pour des raisons musicales, mais peut-être aussi ses premiers interprètes, avaient-ils été tenus, pour les raisons politiques, à une retenue plus obligeante. Même mesurées à l'aune d'interprètes aussi illustres, les compétences, tant techniques que musicales, de Judith Ingolfsson et Vladimir Stoupel suscitent étonnement et admiration.

L'éducation musicale
Alexandre SCRIABINE (1872-1915) : Les dix sonates pour piano.  Vladimir Stoupel, piano.  3CDs Audite : 21.402.  TT : 67'12 + 57'45 + 43'45. 

Rares sont les pianistes à avoir osé programmer - au concert - l'intégralité d'un répertoire aussi singulier.  Lequel nécessite – outre des doigts d'acier – de pouvoir totalement s'immerger dans un univers d'une prodigieuse complexité intellectuelle et émotionnelle…  Naturalisé français en 1985, le pianiste & chef d'orchestre russe Vladimir Stoupel est certes à la hauteur d'une telle gageure.  Le corpus discographique désormais de référence.

ARTE: Le pianiste russe Vladimir Stoupel signe l’une des meilleures intégrales des Sonates de Scriabine. Une lecture qui fera date.
Mathias Heizmann

Pour se lancer dans une intégrale des Sonates pour piano de Scriabine, il faut une bonne dose d’audace et une liberté d’esprit peu commune. Ce n’est pas tant leurs difficultés techniques qui posent problème, mais plutôt leur caractère changeant, leur absence d’unité stylistique. Entre le romantisme tardif de la première Sonate (1892) et la dimension mystique des cinq dernières (1911-1913), il n’y a pas grand lien. Tout comme Schoenberg, Scriabine abandonnera progressivement l’ancien langage (la Sonate n° 4 sera la dernière œuvre officiellement tonale) pour chercher son salut sur de nouvelles planètes.

Il faut encore dire une chose : malgré ses écarts stylistiques, la musique de Scriabine conserve une identité particulière, un climat tout à fait singulier : on a entendu ici ou là parler de volupté, d’enchantement, de rêve, d’expressivité ou de lyrisme. Ce n’est certes pas faux ! Après tout, en bon héritier des romantiques, Scriabine se projetait corps et âme dans sa musique et l’on voit mal comment il aurait pu s’adonner à une simple recherche formelle.

Bien au contraire, le piano s’offre à lui comme un espace fondamentalement expressionniste. Les commentaires couchés sur ces partitions ou les sous-titres qu’il donne à ses compositions ne sont pas à prendre à la légère : Messe blanche (Sonate n° 7), Messe noire (Sonate n° 9), musique « cauchemardesque, obscène, impure, malfaisante » (Sonate n° 6), la musique chez lui a vocation à se transcender, à prendre en charge ce qui échappe à la rationalité et se formule à peine. De ce point de vue, jouer l’intégrale des Sonates permet de mieux saisir cet aspect de la musique. Être confronté à l’évolution d’un style et suivre le chemin d’une vie permet aussi de repérer ce qui, d’œuvre en œuvre, tient lieu de point de repère : la fascination pour le caractère sensuel de la musique et son mystère essentiel. Que ces deux pôles soient en réalité reliés n’est pas une surprise : car ce que la musique de Scriabine prend en charge, c’est précisément ce qui échappe au monde des images, le désir et la peur irraisonnés des espaces infinis.

L’intégrale de Vladimir Stoupel est sans doute l’une des plus abouties que l’on connaisse et, à ce titre, l’une des plus difficiles à commenter. La réussite de ce triple album tient au refus du pianiste à se laisser entraîner dans les clichés musicaux qu’une approche superficielle de l’œuvre de Scriabine peut suggérer. Son travail a plus à voir avec le geste d’un peintre qu’avec celui d’un pianiste romantique exprimant sa passion dans un déluge de notes. Dès lors, la musique de Scriabine redevient cet espace mouvant que l’on peine à saisir. Une fresque ? Peut-être. Mais éclairée par un ciel d’orage traversé d’éclairs…

Der Tagesspiegel Berlin (Allemagne)

Stoupel ose une interprétation très particulière et tout à fait personnelle du Concerto No. 1 pour piano de Tchaikovsky. Il fait de ce morceau de bravoure habituel des sportifs du piano un poème de sons qui raconte les luttes d'une âme désespérée. Il s'inspire du texte musical pour un conte rhapsodique, en fait un tableau d’opéra, emballant et d’une atmosphère dense. Il faut vraiment beaucoup de courage à un pianiste, en ces temps où tout le monde ne jure que par la brillance légère d'un Lang Lang, pour faire comprendre par l'interprétation émotionnelle guidée par le coeur, pourquoi ce concerto a été considéré une fois comme horriblement intime, même presque indécent.

Mainzer Rhein-Zeitung (Allemagne)

La musique russe emplit la « Grande Salle » de Mayence d’une mélancolie douce «Deux concertos pour piano étaient au programme : le concerto n° 3 de Piotr Ilitch Tchaïkovski en mi bémol majeur, op. posth. 75 « Allegro Brillante », et le concerto pour piano, cordes et timbales de Galina Ustvolskaya. Vladimir Stoupel joua ces deux œuvres, chacune d’un seul mouvement, avec l’âme russe la plus authentique. Avec un toucher clair et une intensité passionnée, il fit une exécution remplie de nuances de ce concerto de Tchaïkovski, faisant ressortir aussi bien ses rythmes syncopés que le calme le plus profond. Tout particulièrement dans la cadence, Stoupel exécuta tout un répertoire d’émotions, de la mélancolie tourmentée à la détermination passionnée. L’interprétation du concerto d’Ustvolskaya proposée par le pianiste impressionna par l’ampleur de ses timbres. Tantôt en prenant des accents vaporeusement mystiques, tantôt par un martèlement menaçant, l’orchestre s’adapta à son jeu avec une grande sensibilité.

Neue Westfälische Zeitung (Allemagne)

Sous les doigts de Vladimir Stoupel, pianiste de renom et musicien dont on connaît les multiples facettes, la sonate n°3 de Rathaus est interprétée minutieusement et avec une créativité très prononcée. Son exécution épanouie de l’impromptu en fa mineur de Schubert op. 142/1 allie la clarté de la formulation à une sensibilité riche de nuances, exprimant par des sonorités profondes les abîmes insondables du ton qui caractérise les dernières œuvres de Schubert. Dans le cycle pour piano «Estampes» de Debussy, Vladimir Stoupel dessine et évoque avec un art du toucher tout à fait sublime des tonalités venues de Java, d’Espagne et de Paris, transparentes, lumineuses, poétiques. «La Valse» de Maurice Ravel par un virtuose du clavier : désarmante. Des applaudissements fusent, suivis d’un morceau de Schubert en bis merveilleux, joué à la perfection avec une préciosité cristalline.

Brahms au summum de son effet artistique à Brooklyn
The New York Sun (États-Unis)

... La meilleure exécution des oeuvres que j'aie entendue lors de cette saison, à tel point exaltante que je n'ai pas pensé à contempler la fabuleuse vue qu'on a depuis cet observatoire sur la partie inférieure de Manhattan. (A propos de la sonate en mi mineur de Brahms pour piano et violoncelle, avec Peter Bruns au violoncelle)

The New York Sun (États-Unis)

... Le trio a fait preuve d'un remarquable équilibre, et M. Stoupel n'a rien sacrifié de son pouvoir harmonique et créateur en jouant quelque peu plus doucement que ne le voulait, nous dit-on, le penchant du compositeur. Une excellente qualité que nous n'avons pas l'habitude d'entendre sur l'autre rive du fleuve. (A propos du trio de Brahms en ut majeur, avec Mark Peskanov au violon et Peter Bruns au violoncelle)

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