2007

Bayerischer Rundfunk Klassik - Radio Classique Bavaroise (Allemagne), le 26. Juin 2008

Alexandre Scriabine n’était pas seulement un compositeur visionnaire et un pianiste virtuose, il était aussi un mystique et un prophète qui voulait, grâce à son art, faire atteindre au monde un état extatique et de métamorphose. L’œuvre de Scriabine, qui oscille entre le romantisme tardif et l’expressionnisme, est principalement centrée autour du piano et pose les plus hautes exigences, tant sur le plan musical que technique. Peu de pianistes ont relevé le défi d’une présentation cyclique de ses dix sonates pour piano. Parmi eux se trouve dorénavant le pianiste russe Vladimir Stoupel, qui vit à Berlin avec un passeport français et est considéré comme un expert pour la musique de piano romantique tardive. On n’avait encore jamais entendu le début rêveur et langoureux de la quatrième sonate aussi doux et passionné. Stoupel y met en valeur les voix intermédiaires qui accentuent par leur tension chromatique le désir qu’exprime cette musique. Et quand la sonate, à partir de ces germes, se développe en une inflorescence toujours plus extatique, il ne la rend pas tant par des tempi endiablés ou une nuance tonitruante que par la gestique sonore et l’expressivité de son lyrisme. Le style de l’interprétation de Stoupel fascine aussi dans l’œuvre tardive de Scriabine, comme la 9ème sonate de 1913 par exemple, que le compositeur lui-même qualifiait de « messe noire ». Par bonheur, Stoupel s’abstient ici, comme dans tout son enregistrement intégral des sonates, de toute virtuosité superficielle. En revanche, il sait se saisir des nombreuses atmosphères ambivalentes, ce qui confère à son jeu une subtilité magique. Par sa liberté agogique, il rappelle en outre le style pianistique de Scriabine lui-même qui est documenté par quelques enregistrements de « Welte-Mignon » datant de 1910.

Der Tagesspiegel Berlin (Allemagne), le 28. Décembre 2007

Stoupel ose une interprétation très particulière et tout à fait personnelle du Concerto No. 1 pour piano de Tchaikovsky. Il fait de ce morceau de bravoure habituel des sportifs du piano un poème de sons qui raconte les luttes d'une âme désespérée. Il s'inspire du texte musical pour un conte rhapsodique, en fait un tableau d’opéra, emballant et d’une atmosphère dense. Il faut vraiment beaucoup de courage à un pianiste, en ces temps où tout le monde ne jure que par la brillance légère d'un Lang Lang, pour faire comprendre par l'interprétation émotionnelle guidée par le coeur, pourquoi ce concerto a été considéré une fois comme horriblement intime, même presque indécent.

Mainzer Rhein-Zeitung (Allemagne), le 25 septembre 2007

La musique russe emplit la « Grande Salle » de Mayence d’une mélancolie douce «Deux concertos pour piano étaient au programme : le concerto n° 3 de Piotr Ilitch Tchaïkovski en mi bémol majeur, op. posth. 75 « Allegro Brillante », et le concerto pour piano, cordes et timbales de Galina Ustvolskaya. Vladimir Stoupel joua ces deux œuvres, chacune d’un seul mouvement, avec l’âme russe la plus authentique. Avec un toucher clair et une intensité passionnée, il fit une exécution remplie de nuances de ce concerto de Tchaïkovski, faisant ressortir aussi bien ses rythmes syncopés que le calme le plus profond. Tout particulièrement dans la cadence, Stoupel exécuta tout un répertoire d’émotions, de la mélancolie tourmentée à la détermination passionnée. L’interprétation du concerto d’Ustvolskaya proposée par le pianiste impressionna par l’ampleur de ses timbres. Tantôt en prenant des accents vaporeusement mystiques, tantôt par un martèlement menaçant, l’orchestre s’adapta à son jeu avec une grande sensibilité.»

Neue Westfälische Zeitung (Allemagne), le 12 septembre 2007 Atmosphères nuageuses

«Sous les doigts de Vladimir Stoupel, pianiste de renom et musicien dont on connaît les multiples facettes, la sonate n°3 de Rathaus est interprétée minutieusement et avec une créativité très prononcée. Son exécution épanouie de l’impromptu en fa mineur de Schubert op. 142/1 allie la clarté de la formulation à une sensibilité riche de nuances, exprimant par des sonorités profondes les abîmes insondables du ton qui caractérise les dernières œuvres de Schubert. Dans le cycle pour piano «Estampes» de Debussy, Vladimir Stoupel dessine et évoque avec un art du toucher tout à fait sublime des tonalités venues de Java, d’Espagne et de Paris, transparentes, lumineuses, poétiques. «La Valse» de Maurice Ravel par un virtuose du clavier : désarmante. Des applaudissements fusent, suivis d’un morceau de Schubert en bis merveilleux, joué à la perfection avec une préciosité cristalline.»

Leipziger Volkszeitung (Allemagne), le 21. Janvier 2007 (Traduction: Tanja Felder)

Des applaudissements soutenus après un concert de piano sonore et opulent : un public impressionné par l’interprétation du concerto en si bémol mineur de Tchaïkovski par Vladimir Stoupel « Stoupel réussit tout jusque dans les moindres détails : tonitruants enchaînements d’octaves, arpèges vertigineux, cantilènes suaves. Même dans les mouvements centraux, sa main de maître ne laissa transparaître aucune hésitation. Puis vint le final, gai, sautillant mais non sans douceur et une justesse magistrale de chaque note. Des applaudissements soutenus pour un aimable pianiste. »